
L’Œil Absolu


PHOTOGRAPHIER, POUR MOI, N’A JAMAIS ÉTÉ UN PASSE-TEMPS
Photographier, une manière d’habiter le monde
Pour moi, la photographie n’a jamais été un simple passe-temps. Longtemps, mon regard s’est tourné vers la nature comme une mémoire figée, un refuge du passé. Mais aujourd’hui, je cherche à capturer le présent : ce que nous vivons, détruisons ou préservons, afin de laisser une trace pour demain. Photographier le monde tel qu’il est devient un acte d’amour, un témoignage sincère.
La Patience en Photographie
Lorsque j’initie mes adhérents à la photographie, je leur enseigne avant tout la patience. Car sans elle, il n’y a pas de regard véritable. La technique vient ensuite, mais la première clé est de comprendre que l’appareil photo n’est qu’un prolongement de l’attention : il faut apprendre à attendre, à observer, à se rendre disponible à l’inattendu
Chaque image est bien plus qu’un cliché.
C’est un fragment de vécu, un instant saisi entre deux respirations. Derrière chaque photo, il y a intention, émotion, rencontre et émerveillement. La photographie est pour moi une exploration, à la fois du monde et de soi, un moyen de ralentir, de regarder autrement et de tisser du lien avec les lieux et les personnes.
Partager, ce n’est pas seulement montrer ses photos.
C’est aussi offrir son regard, transmettre son expérience, révéler ses méthodes, ses doutes et ses trouvailles pour inspirer d’autres regards. C’est créer un dialogue, où chaque image devient prétexte à apprendre et à faire grandir ensemble notre façon d’observer le monde.
Observer avant de déclencher.
Ressentir avant de capturer. Ces pages ne transmettront pas de techniques figéess, mais un regard, une posture intérieure, une invitation à habiter le monde pleinement. Photographier devient alors un espace d’être, un pont entre le geste, le regard et le cœur.
La récompense de l’attente
La patience transforme la photographie en expérience de vie : une école de lenteur, d’écoute et de disponibilité. Chaque déclenchement devient l’écho d’un temps suspendu, offert, et c’est peut-être là que réside la vraie beauté du geste photographique.
La photographie, un chemin sans début ni fin.
La photographie n’a jamais de vrai commencement ni de conclusion. Elle se construit jour après jour, au rythme de chacun, selon notre regard, notre disponibilité, notre patience. C’est un art qui n’obéit pas à l’urgence, mais à l’application que l’on y met, à la façon dont on choisit de s’ouvrir au monde.
Pourquoi photographions-nous ? Sans doute parce que chacun porte en lui une passion singulière : fixer une émotion, partager un fragment de beauté, raconter une histoire silencieuse. Certains vont jusqu’à faire vivre leurs images sur toile, ou à les exposer au grand public, comme pour prolonger ce dialogue entre le regard du photographe et celui de l’autre.
Ainsi, photographier n’est pas un acte figé, mais une expérience continue, une quête patiente où l’image devient mémoire, témoignage et offrande










